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Le Minotaure change
de peau
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(…)C'est
du côté du trompe-l'œil et de la Renaissance que l'artiste s'est inspiré.
"C'est le lieu, l'un des éléments du patrimoine strasbourgeois parmi
les plus prestigieux, qui impose un tel choix". commente Roland Perret
qui avoue sa fierté de voir désormais son travail figurer à côté de
celui de Léo Schnug. Encore que la piste suivie par Roland Perret se
démarque de son illustre prédécesseur: moins crue et surtout marquée
par une iconographie qui ne se réfère pas au Moyen-Age et à sa truculence
populaire comme c'est le cas avec Schnug. Ce sont les personnages de
pierre de la Renaissance, les faux atlantes marmoréens et musclés qui
ont été sollicités par le pinceau de l'artiste alsacien. Les artifices
du trompe-l'œil, dont Roland Perret est un grand adepte, trouvent également
au Kammerzell différentes applications: quelques marches qui débouchent
sur une porte se voient, par la magie de la peinture, suggérer un véritable
escalier masqué partiellement par un faux rideau. De même dans une niche,
apparaît le maître des lieux. Plus loin un singe, pinceau à la main,
fonctionne comme une métaphore railleuse et critique du peintre, dans
une certaine tradition des vanités. Recemment achevée, cette réalisation
avait débuté en décembre 95, au plus fort du conflit social qui secouait
alors l' hexagone. Le soubassement de l'escalier, accompagné de maints
torticolis, date en grande partie de ce moment. De quoi valoir une dédicace
de circonstance:"Escalade d'illusions réalisée par Roland Perret en
l'an de crise 1995". Une trace de notre histoire s'est ajoutée à celle,
chargée, du Kammerzell.
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